Quelles pistes pour sauver le domaine skiable ?
Article publié le 9 août 2025 et mis à jour le 13 août 2025.
Dans une salle du conseil trop petite pour accueillir (en plus des conseillers municipaux) les quelque 55 personnes présentes – il y en avait jusque dans le couloir comme certains soirs d’élections municipales… – Pascal de Thiersant a présenté « une photographie actuelle » du domaine skiable et les conclusions d’une étude économique réalisée par la société Savoie stations domaines skiables (SSDS).
C’est la première fois que le gérant de SSDS s’exprimait publiquement (1) depuis qu’il dirige (2021) cette société qui a repris la gestion du domaine skiable de Saint-Colomban-des-Villards en 2019.
Après avoir rappelé l’ampleur du déficit (1,2 million d’euros, augmenté de 50 % par rapport à 2024 à cause de l’obligation d’effectuer cette année les grandes inspections sur les télésièges de l’Ormet et de Charmette), Pascal de Thiersant a affirmé d’emblée : « On n’exploitera plus à partir de novembre prochain. »
État des lieux
Pour deux raisons. La première, juridique : « La chambre régionale des comptes (CRC) Auvergne-Rhône-Alpes a mis le doigt sur le fait que ce domaine était structurellement déficitaire ce qui n’est pas permis par la loi pour des activités de service public à caractère industriel et commercial. Elle a aussi écrit, noir sur blanc, qu’il est impossible de renflouer ce déficit et que, faute de prouver que cette difficulté économique est passagère, vous ne pouvez pas aller au-delà de la délégation de service public (DSP) actuelle ». La seconde : la subvention d’équilibre votée cette année par la commune pour faire tourner les remontées mécaniques (charges d’exploitation de la saison 2024-2025, engagées et déjà réglées…, grandes inspections et dépenses d’entretien courant de l’année 2025) a été rejetée par la préfète et déférée au tribunal administratif (TA) de Grenoble (juin dernier). « Et donc, nous, a continué M. de Thiersant, si le budget n’est pas validé, et il y a toutes les chances pour que le TA suive la CRC, on n’est plus payés, on ne peut plus payer nos salariés, on est en cessation de paiement et en dépôt de bilan. » (2)
« Dans ces conditions, vous comprendrez, a conclu Pascal de Thiersant, qu’on ne puisse pas s’engager au-delà du terme de la présente DSP. En tout cas moi, en tant que gérant de SSDS, je ne reviendrai pas à Saint-Col parce que il y a un risque pénal derrière. » (…) « Et donc, a complété M. de Thiersant, comme après le lancement de deux DSP pour la reprise de l’exploitation du domaine skiable, personne ne s’est positionné, ce qui se comprend puisqu’elle n’est pas en équilibre, à la date d’aujourd’hui, en novembre vous n’avez pas d’exploitant pour reprendre le domaine skiable. »
« Par ailleurs, a poursuivi M. de Thiersant, l’incertitude qui pèse sur le budget des remontées mécaniques, en attente du jugement du TA, ne nous permet pas de réaliser les grandes inspections des télésièges de l’Ormet et de Charmette. Et même si on a pré-réservé des dates chez les constructeurs au cas où, ceux-ci nous disent qu’ils ne vont pas y arriver pour novembre. Donc aujourd’hui, il y a une partie du domaine skiable (Ormet et Charmette) qui ne pourra pas être exploitée. »
Si M. de Thiersant a estimé que le télésiège de l’Ormet pourrait éventuellement être exploité en sollicitant une dérogation pour repousser sa grande inspection d’un an… (« Mais on a déjà décalé d’un an, il ne faut peut-être pas trop tirer sur la corde. ») avec toutefois la difficulté « qu’on a un manque de neige de plus en plus criant sur cette partie du domaine », pour le télésiège de Charmette le gérant de SSDS a été catégorique : « Moi en tant qu’exploitant ça fait quatre ans que je tremble tous les jours parce que c’est un appareil qui est peut-être le plus raide des Alpes et très, très, difficile à exploiter, très difficile à évacuer. Charmette c’est extrêmement anxiogène et pas du tout acceptable. Le jour où il y aura un accident, on va pointer le fait qu’on n’a pas arrêté ça. Charmette, il faut faire une croix dessus. » En conclusion, aujourd’hui, « il n’y a pas d’exploitant et, s’il y en avait un, il n’y aurait pas de liaison entre le bas et le haut du domaine »…
Cependant, « malgré ce contexte, on a fait la maintenance en bas et en haut, a précisé M. de Thiersant (3), et on allège le coup de l’exploitation. Dès qu’on peut, on met une personne de Saint-Colomban sur un autre domaine skiable pour limiter la casse. Aujourd’hui on n’a plus qu’une personne. On met en condition les équipements pour pouvoir exploiter peut-être la partie haute, d’une certaine façon, et peut-être la partie basse, d’une autre façon. Sachant qu’il n’y aura pas un exploitant pour exploiter le milieu. »
Retombées économiques du ski à Saint-Colomban
Remettant le cas de Saint-Colomban-des-Villards en perspective, Pascal de Thiersant a indiqué que « la moitié des petites communes sont en déficit sur leur domaine skiable et vont se faire rattraper par la patrouille car suite au rapport de la CRC elles ne pourront plus financer leur domaine skiable par le budget général ».
Confronté à « cette potentielle catastrophe pour l’économie de la montagne qui se profile », il a annoncé que SSDS avait conçu une méthode pour évaluer les retombées économiques d’un domaine skiable sur l’économie locale afin de mesurer les conséquences d’une diminution importante (ou totale) de l’activité du ski sur le territoire concerné.
Pour Saint-Colomban, ces retombées économiques seraient de l’ordre de 1,3 million d’euros (4) qui sont à comparer au chiffre d’affaires des remontées mécaniques (630 000 euros en moyenne sur les 4 dernières années). D’où l’on peut déduire que 1 euro dépensé en forfait de ski génère 2 euros dépensés sur le territoire contre 7 en moyenne en Rhône-Alpes d’après Domaines skiable de France. Comme la commune de Saint-Colomban-des-Villards verse en moyenne (hors grandes inspections) une subvention annuelle de 800 000 euros (« soit 6 015 euros par habitant, 4 500 euros sans les amortissements »), cette analyse montre que la commune subventionne les 2/3 des retombées économiques… Le montant de cette subvention d’équilibre (800 000 euros) serait 3,4 fois plus important que le coût potentiel du chômage si le ski s’arrêtait… « Donc on peut comprendre que les services de l’État ait mis le holà ! » a acquiescé M. de Thiersant.
Cette analyse repose sur des données obtenues au cours d’enquêtes orales. Dans le débat qui a suivi, de nombreux intervenants ont pointé deux faiblesses méthodologiques :
• le nombre (seulement une dizaine) de socioprofessionnels contactés (il manque les loueurs qui passent par Internet a fait remarquer Cédric Émieux) ;
• la sincérité des chiffres d’affaires déclarés par ces socioprofessionnels… Sur ce dernier point, M. de Thiersant, reconnaissant que cette méthode était « à peaufiner », a fait valoir qu’on ne pouvait pas prendre en compte « une économie souterraine »… Soulignant la faiblesse de l’activité ski (« On n’a quand même que 21 000 journées skieurs, c’est petit, tout petit… »), il a considéré que « si les chiffres ne sont pas exhaustifs, on est dans de bonnes proportions ; on a les ordres de grandeurs ». Ce qui n’a pas tout à fait convaincu ceux qui ont jugé que cette analyse « était à charge »…
Se replier sur le front de neige ?
Suite à cette intervention, la parole a été donnée aux conseillers municipaux puis, après que le maire ait interrompu la séance, au public, pour près de deux heures d’échanges controversés.
Quel que soit l’enchaînement des raisons et des causes qui ont conduit à cette situation (« On est face à un mur, on ne peut plus l’éviter » a dit M. de Thiersant), le problème posé depuis des mois au conseil municipal est le suivant. La commune ne peut plus exploiter l’ensemble du domaine skiable dans le cadre d’un service public à caractère industriel et commercial (cas de la DSP en cours jusqu’au 30 novembre 2025) puisqu’il est impossible, dans ce cas, de renflouer le déficit d’exploitation (avis de la CRC confirmé par la préfecture). La subvention d’équilibre 2024 a été tolérée par le préfet qui mentionnait cependant, le 18 avril dernier, que « son maintien pourrait être envisagé pour 2025 sous réserve d’une réduction significative de son montant et de ne pas être reconduite en 2026 ». (5) La subvention d’équilibre 2025 ayant été reconduite et même augmentée de la somme nécessaire aux grandes inspections (410 000 euros), la préfète a déféré le budget communal au TA.
Dans ces conditions, que faire pour la saison 2025-2026 (et les suivantes…) ? Des multiples propos échangés (6) on peut retenir :
• il faudrait « absolument » conserver une activité ski (dont le périmètre ne fait pas consensus) et relancer pour l’horizon 2027 (saison 2026-2027 ? saison 2027-2028 ?) l’implantation d’un téléporté (on parle aussi d’un ascenseur valléen pour une liaison décarbonée) afin d’accéder à la combe de Bellard (pour certains intervenants) ou directement à la Pierre du Turc (pour d’autres). Pour accompagner la commune dans cet investissement, il conviendrait de refaire « rapidement » un tour de table financier auprès de la région Auvergne-Rhône-Alpes, du département de la Savoie, de la 4C, de la Soremet, etc. (lire l’encart ci-dessous) ;
• la Soremet serait prête à aider la commune dans l’investissement d’un téléporté à hauteur de 300 000 euros par an pendant 20 ans. C’est la première fois que cette information, connue du conseil municipal depuis le 24 mars dernier au moins, est rendue publique. Cet effort correspondrait, aux taux d’emprunt actuels consentis aux communes, à la possibilité d’emprunter 4 à 5 millions d’euros pour un investissement estimé à quelque 22,5 millions d’euros (téléporté pour la combe de Bellard) ou à quelque 30 millions d’euros (pour la Pierre du Turc, estimation qui daterait de 4 ans). Il a été rappelé que ce dernier tracé avait la préférence d’Alexandre Maulin et de la Soremet, et pour Jacques Maurino : « Il faut aller en haut, il ne faut pas s’arrêter au milieu. On a toujours voulu faire petit et, à la sortie, on fait rien. » ;
• devant l’impossibilité d’effectuer à temps les grandes inspections sur les télésièges de l’Ormet et de Charmette (tant que le TA n’aura pas statué sur la légalité de la subvention d’équilibre 2025 qui comprend les sommes nécessaires à ces inspections), ces deux télésièges ne seraient pas exploités durant l’hiver 25-26 et le domaine skiable serait techniquement coupé en deux : le bas (front de neige, Ormet) et le haut (téléski de Cuinat et télésiège de Bellard) qui auraient tous les deux la possibilité réglementaire de fonctionner ;
• pour la saison 2025-2026, la Soremet pourrait faire fonctionner le haut (c’est-à-dire téléski de Cuinat et télésiège de Bellard même si cela poserait des problèmes de sécurité qui ont été jugés « compliqués » pour certains, « faciles à régler » pour d’autres) moyennant le versement d’une redevance à la commune. Un montant de 100 00 euros a été avancé sans qu’il soit possible de vérifier sa réalité ou si c’était simplement un exemple formulé pour fixer les idées. Si rien ne semble avoir été acté, l’éventualité de voir la Soremet reprendre le haut du domaine a été avancée comme une « possibilité » par M. de Thiersant en référence au courriel du 16 juin dernier dans lequel M. Deléglise – directeur général de la Soremet – indiquait que les sociétés Satvac, Samso et Soremet ne candidateraient pas pour la DSP lancée le 3 juin, tout en précisant : « eu égard aux conditions que vous proposez ». (Des élus ont fait remarquer que ce domaine du haut, téléski de Cuinat et télésiège de Bellard, correspond au lot sectoriel numéro 3 qui était proposé dans le cadre de la DSP lancée le 3 juin par la commune et pour lequel aucun candidat ne s’est déclaré à la date de clôture le 15 juillet 2025) ;
• cette redevance permettrait à la commune de faire fonctionner, dans le cadre d’une régie communale à créer, le bas du domaine skiable réduit au front de neige (tapis de l’Ourson et téléskis de l’Épinette et de Rogemont). Pascal de Thiersant : « Aujourd’hui on a du mal à faire fonctionner le front de neige car on manque de neige de culture. Mais si on arrête la production de neige en haut pour assurer la liaison, on est capable de faire de la neige en bas, on est capable de faire tourner, sauf année exceptionnelle sans neige… » Le coût de cette exploitation, évalué (« à la louche ») par SSDS entre 200 000 et 220 000 euros, serait couvert en partie par la redevance (disons 100 000 euros) et la billetterie (évaluée à 70 000 euros), ce qui laisserait à la commune un déficit « acceptable » pour les pouvoirs publics. Ce montage laisserait cependant « non couverts » les 200 000 euros d’amortissements qui seront encore inscrits dans le budget des remontées mécaniques… Que dira la préfecture ?
• ces exploitations déconnectées, du bas (par la commune) et du haut (par la Soremet), conseillées par la préfecture (fortement) et SSDS, n’auraient pas les faveurs de la municipalité ;
• cette activité minimale du bas ne fait pas consensus (y compris au sein du conseil municipal) : pour certains, il faut « absolument » accéder en Bellard, au besoin en instituant un transport par chenillettes ; pour d’autres, « il faut trouver une solution » pour inclure dans cette activité minimale le télésiège de l’Ormet. Cependant, à supposer qu’une dérogation soit accordée pour repousser d’un an la grande inspection de ce télésiège (prévue cette année), il semble que son exploitation serait coûteuse (nécessité de plusieurs équipes formées pour assurer la sécurité) et ne pourrait pas être équilibrée. Sauf si la Soremet augmente sa redevance pour le fonctionnement du haut…
Au cours de ces échanges, une critique a constamment été adressée au maire : ne pas discuter avec les responsables de la Soremet. Puis, quand on a appris qu’il y avait eu des rencontres (Pierre-Yves Bonnivard : « Les discussions, nous les avons eues en présence de SSDS, et la députée a été impliquée, depuis la fin de la saison 23-24, tout 2024 et encore ce printemps »), de ne pas avoir renoué des contacts avec ces responsables depuis l’entrevue du 24 mars dernier à Saint-Jean-de-Maurienne…
Bien que la position de la Soremet soit désormais claire (participation dans l’investissement mais pas dans le fonctionnement, et, pour cette année, reprise du haut du domaine à l’exclusion, semble-il, de Charmette), une personne a néanmoins persisté : « Pourquoi pas partager les frais de l’exploitation de Charmette »…, tandis que d’autres (élues et non élues) ont demandé qu’on discute avec les dirigeants de la Soremet pour « obtenir » des aménagements à leur ligne de conduite…
La discussion sur le devenir immédiat de la station a rebondi quand le conseil municipal a repris le cours de ses délibérations pour « adopter une position de principe pour être en ordre de marche pour ouvrir au moins le front de neige, tapis, téléskis, et essayer de négocier avec la préfecture qui est sur la position que tout soit équilibré sans participation communale » (Pierre-Yves Bonnivard).
Après débat (des conseillers municipaux refusant une ouverture du domaine skiable limitée au front de neige), le conseil municipal a décidé, en substance, d’engager les démarches pour ouvrir sur un périmètre comprenant « au moins » le tapis de l’Ourson, les téléskis de l’Épinette et de Rogemont, « éventuellement le télésiège de l’Ormet et voire la totalité du domaine ». Ce qui permettrait « de se laisser la possibilité de refaire un tour de table financier auprès des financeurs potentiels sur un investissement de type ascenseur valléen qui permette la liaison avec les Sybelles ». Une formulation qui a fait dire dans le public : « Ce que vous avez voté là, c’est du politiquement correct. »
Après cette réunion, et dans l’attente du jugement du TA, des interrogations subsistent sur le très court terme : la Soremet confirmera-t-elle l’intention qu’on lui prête d’exploiter le haut (Cuinat et Bellard) et pour quel montant de redevance ? ; la municipalité acceptera-t-elle cette proposition qui, seule semble-t-il, lui permettrait d’ouvrir le front de neige (sauf le télésiège de l’Ormet) sans supporter de déficit ?
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(1) Si l’on excepte des interventions régulières devant le conseil municipal et la commission communale du domaine skiable de Saint-Colomban-des-Villards.↩︎
(2) Pascal de Thiersant a également évoqué un arriéré de 300 000 euros de TVA « dû aux incompréhensions de la trésorerie qui n’avait pas compris le fonctionnement de la TVA car on est une société de droit privé. On s’est mis d’accord à Albiez où notre vision a été prise en compte. Elle est en train de l’être à Saint-Colomban. ».↩︎
(3) Au terme de la DSP, SSDS doit remettre à la commune un parc de remontées mécaniques en état de fonctionner.↩︎
(4) Lors de la réunion publique sur la diversification touristique (18 juillet dernier) ces retombées économiques étaient estimées à 1,1 million d’euros.↩︎
(5) Compte rendu de la séance du conseil municipal du 23 mai 2025.↩︎
(6) Se sont exprimés : Pascal de Thiersant, Pierre-Yves Bonnivard, Valérie Favre-Teylaz, Bernard Wyns, Cédric Émieux, Dominique Metz, Daniel Paret, Jacques Maurino, Sébastien Petitet, Jean-Marie Dufour, Stéphane Pezzani, Paul Paret et Pierre Chanvrier.↩︎
Ascenseur valléen, téléporté : quel tour de table financier ?
Selon Pascal de Thiersant « un téléporté à Saint-Colomban, techniquement c’est faisable, mais économiquement on ne sait pas faire. C’est pour cela aussi que nous avons créé cette analyse sur les retombées économiques du ski sur les communes, pour faire changer la loi. Car si le fonctionnement doit être équilibrée, car on ne peut pas mettre de l’argent à fond perdu, les investissements doivent pouvoir être pris en charge partiellement par les collectivités pour redonner de la rentabilité à l’exploitant et que l’exploitation puisse tourner. »
L’apport de la Soremet (300 000 euros par an pendant 20 ans) correspondrait à un emprunt compris entre 4,5 et 5 millions d’euros selon les taux en vigueur. Celui de la commune (400 000 euros par an durant la même période) à un emprunt compris entre 6 et 6,5 millions d’euros. « On peut donc supposer, a indiqué le maire, qu’on dispose pour ce projet d’une enveloppe de 11 millions d’euros à ce jour. Reste à trouver 11 à 12 millions d’euros pour Bellard et 19 millions pour la Pierre du Turc. » Qui pourrait abonder de telles sommes ? La région Auvergne-Rhône-Alpes, le département de la Savoie et la 4C ont été cités.
Ainsi Jacques Maurino interpellant Pascal de Thiersant : « il faut nous aider ! Vous avez la clef par votre rôle au conseil général. Vous êtes M. Montagne et M. Remontées mécaniques du conseil général ! Si vous dites : Saint-Col est mort, c’est mort ! Si vous dites, on y va, ça passera ! Ne dites pas le contraire !! Le département peut bien mettre 10 millions d’euros non ? »
Perplexe, Pascal de Thiersant a confié : « Pour le premier tour de table, nous sommes allés taper la région, le département et l’Europe : rien ! Le département c’est compliqué. S’il donne à l’un, il faut qu’il donne à l’autre. Et puis c’est compliqué pour l’assemblée départementale de mettre beaucoup d’argent dans la montagne qui a une réputation d’en gagner et de ne pas en mettre dans des zones difficiles de plaine. »
Une remarque qui fait écho à celle apparue dans le débat qui s’est déroulé ces dernières semaines autour de l’avenir de la station de l’Alpe du Grand Serre : « Les communes, départements et régions doivent faire des économies. Si des millions doivent être investis, où vont-ils aller ? Dans des maisons de santé (déserts médicaux), logements, commerces, transports en commun, stations d’épuration, rénovation des réseaux, parkings, zones commerciales, services publics…, qui vont améliorer le quotidien des ménages ? Ou injectés dans des structures qui (ne) survivent qu’avec des perfusions (pour) un avenir de plus en plus incertain ? »
Pour Jacques Maurino, il ne s’agit pas de « donner » mais « d’entrer dans le capital ». M. de Thiersant : « J’ai posé cette possibilité au département ; ça a été refusé (*). Pour l’instant j’ai échoué à convaincre le département. Avec la région, j’ai de bonnes relations avec Laurent Wauquiez et à un moment donné j’ai senti qu’on pouvait faire basculer les choses. Mais on n’y est pas arrivés car pour lui un ascenseur valléen ça part du fond de la vallée pour aller en haut des stations. » À Stéphane Pezzani qui lui faisait remarquer « qu’aujourd’hui, les critères de la région avaient changé… », le gérant de SSDS a répondu : « Oui, et c’est pour cela qu’on avait poussé l’idée de faire une liaison décarbonée. C’est pour ça aussi que je dis qu’il y a 10 % de chance que ça aboutisse. C’est le seul levier. »
Et 4C ? Faisant référence à la réunion publique sur la diversification touristique (18 juillet dernier) au cours de laquelle M. Rochette, ancien maire de Saint-Rémy-de-Maurienne et vice-président de la 4C, avait déclaré « qu’à un moment, puisque la 4C a la compétence tourisme, il faudra, pourquoi pas, associer notre communauté de communes au développement et à l’accompagnement des Villards », Jacques Maurino a lancé : « Et la 4C ? On a vu que la 4C a dit : « ah ben ! peut-être on peut y mettre des sous nous aussi… » ».
Des propos qui ont fait réagir Christian Rochette : « Pour éviter toute interprétation et incompréhension de mes propos (…) et pour éviter d’avoir été mal compris, je me permets de vous préciser que la 4C pourrait appuyer toutes démarches visant une solution positive pour la commune de Saint-Colomban. Malheureusement, elle ne pourrait pas investir mais relayer (ses) actions auprès des élus et investisseurs éventuels. Du reste si la 4C a la compétence tourisme c’est essentiellement et uniquement pour organiser et faire la promotion du territoire en mettant en place les outils nécessaires comme les offices de tourisme. Elle n’a de toute façon pas d’outil pour être opérateur ou même le droit d’investir dans des activités commerciales. » (**)↩︎
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(*) Correction du 13 août 2025 : dans la première version de cet article, la réponse de M. de Thiersant à Jacques Maurino était formulée ainsi : « J’ai posé cette possibilité au département ; ça a été refusé, je me suis fait sortir. » M. de Thiersant nous signale que son expression « je me suis fait sortir » ne traduit pas exactement, sortie du contexte oral de cet échange, le refus du département. Nous l’avons donc retirée pour éviter tout malentendu.↩︎
(**) Courriel adressé au Petit Villarin le 5 août 2025.
Tout faire pour faire vivre le ski à st Col.
Bonjour,
Félicitations sincères au Petit Villarin, qui a su retranscrire de façon très objective, sans exagération, ni langue de bois, les échanges qui se sont déroulés en amont du Conseil Municipal. Je confirme les propos que j’ai tenus, tels qu’ils ont été rapportés dans cet article.
Merci pour cet excellent travail.