Modification de la retenue de Lachal : fin de la première phase
Après l’épisode torrentiel de 2018, sur l’impulsion de l’équipe communale et des services de l’État, la Société hydraulique d’études et de missions d’assistance (Shéma) travaille depuis 7 ans sur la modification de son ouvrage. À la suite de la validation par les services de l’État le 16 juillet 2025, l’entreprise NGE Guintoli intervient depuis début octobre – après le dépôt de la vanne de fond par Alp’ime et Mediaco mi-septembre – pour déposer l’ensemble des équipements de la prise d’eau et déconstruire le remblai du barrage. En ce jour, 16 décembre 2025, et conformément aux engagements de Shéma, le barrage de Lachal est ouvert sur une vingtaine de mètres ce qui permet la libre circulation du Glandon.




Mais les travaux de modification du barrage ne s’arrêtent pas là. La deuxième phase commencera dès que la météo le permettra (dès mars ou avril 2026 si possible) afin d’évacuer les matériaux du site. Environ 71 000 m³ de matériaux (présents à la fois dedans et en dehors de la concession hydroélectrique) devront être évacués. Pour se faire, la commune a identifié plusieurs sites de valorisation possibles au plus proche de Lachal, afin de limiter au maximum le nombre de camions devant traverser le village pour rejoindre la vallée. Les sites envisagés (sous la déchetterie, vers le pont de Nanthenu, et sur divers secteurs au niveau du terrain de football des Échets) seront profitables à la commune et aux habitants car ils permettent, au-delà de la gestion des matériaux excédentaires, de créer des plates-formes de travail (lire ICI). Les études et les démarches réglementaires sont en cours entre Shéma et la commune pour permettre à l’entreprise Guintoli d’utiliser ces sites de valorisation le plus tôt possible. Toutefois, Shéma indique qu’une évacuation des matériaux dans la vallée des Villards semble inévitable au vu de la quantité dont il est question pendant la quasi-totalité de l’année 2026. Le maximum sera fait pour limiter les gênes occasionnées, notamment grâce à la maximisation du double fret (un camion monte avec les enrochements nécessaires au site, et redescend avec les matériaux à évacuer).
La troisième phase consistera à reconstruire la prise d’eau. Depuis plusieurs mois, Shéma travaille avec son bureau d’ingénierie Hydrostadium à l’optimisation du phasage des travaux concernant le chenal et la prise d’eau afin de limiter au maximum leur durée, leur impact sur l’environnement et les nuisances pour les riverains. Au vu des contraintes techniques de phasage et d’évacuation des matériaux, Shéma s’oriente vers une fin de travaux en 2028 plutôt qu’en 2027 comme annoncé initialement. Toutefois, Shéma rassure : le génie-civil et les terrassements seront bien réalisés en 2027 pour leur très grande majorité. La fin des travaux en 2028 ne concernera essentiellement que la mise en place de la vantellerie, de l’électricité et du contrôle commande, opérations avec peu d’impact sur les riverains.
Shéma et Hydrostaduim travaillent sur l’optimisation de ce planning. Shéma rappelle que ce planning est éminemment dépendant de la météo ainsi que du comportement du Glandon pendant ces deux prochaines années.
Concernant l’ouvrage futur, Shéma et sa paysagiste (Esquisse paysage) ont poursuivi leur travail sur l’intégration paysagère. Après validation auprès des riverains les plus impactés par les travaux, l’intégration paysagère retenue a été affinée. Comme Shéma s’était engagée à le faire, la végétalisation du site est prévue de sorte à enherber au maximum l’ancienne retenue, à enterrer le plus possible les ouvrages de prise d’eau, et à implanter des arbres et des arbustes adaptés au climat et à la nature du sol pour occulter la vue sur les ouvrages.


■ Plans d’ensemble de l’intégration paysagère de l’ouvrage après travaux : 1. Bergerie Bozon ; 2. : Hameau de Valmaure ; 3. : Lachal d’en Bas. – (Documents Shéma.)
Par ailleurs, Shéma continuera à communiquer régulièrement et associer les parties prenantes. Elle présentera le fonctionnement de la prise d’eau lors d’une réunion publique l’été prochain afin que les riverains puissent s’approprier le fonctionnement de l’ouvrage en période d’exploitation courante mais aussi en période de crue ou de lave torrentielle. Elle présentera également l’ensemble des améliorations et innovations intégrées au projet ainsi que les suivis qui seront réalisés dès la mise en service de l’aménagement, en particulier le suivi de l’évolution du lit du torrent à l’amont et à l’aval du chenal, ainsi que le suivi piscicole permettant d’évaluer l’amélioration de l’habitabilité du Glandon sur cette zone.
La centrale hydroélectrique de Saint-Alban-des-Villards et sa prise d’eau de Lachal sont un aménagement clé de la vallée des Villards. D’une puissance de 8,4 MW, cette centrale produit 30 GWh d’électricité dé-carbonée soit la consommation d’environ 15 milliers d’habitants (35 % des besoins de la Maurienne).
Aude Poinot (*)
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(*) N. D. L. R. : Aude Poinot, chef de projets chez Shéma, quittera cette société à la fin de l’année pour travailler au sein d’une entreprise Suisse de production d’électricité. Les travaux de modification du barrage de Lachal seront suivis à partir de janvier 2026 par Alexandre Goncalves, gestionnaire d’actifs à Shema depuis plusieurs années.
■ Les esquisses paysagères et les photographies (« Une » comprise) qui illustrent cet article sont de Shéma.
