Restauration de l’église : quel coût et quel financement ?
L’association Notre Clocher, dont l’objet est de « sauvegarder et restaurer l’église de Saint-Colomban-des-Villards », a organisé, comme chaque été depuis sa création, un apéritif champêtre ouvert à ses adhérents et aux sympathisants de cette cause. Ils étaient une soixantaine rassemblés le 9 août sur le parvis de l’église à l’ombre fraîche des tilleuls entourant le monument aux morts, bien agréable en ces temps de canicule. Une assistance d’autant plus remarquable qu’à la même heure se tenaient le vernissage des rencontres GénéVillards et les phases finales des Six jours de pétanque de Saint-Colomban… Dans son discours de bienvenue, Christine Frasson-Botton, présidente de l’association, entourée des membres de son conseil d’administration, les a remerciés, saluant également la présence de Martine Mugnier qui représentait la paroisse, Pierre-Yves Bonnivard, maire de Saint-Colomban-des-Villards, Sophie Verney, conseillère départementale, et des journalistes présents qui relaient l’action de Notre Clocher.

L’association compte un peu plus de 300 adhérents contre 239 l’an passé, une progression « des plus encourageantes » a précisé la présidente qui a mis en lumière « les bénévoles et celles et ceux qui ont également remis des dons en nature, soit par des lots, soit en donnant de leur temps, pour alimenter nos diverses manifestations ou embellir l’édifice religieux. C’est ainsi qu’un magnifique tableau (un Christ en croix) a été peint et offert à l’association par Virginie Rostaing-Troux, artiste villarinche du Châtelet. Ce tableau sera exposé lors de la restauration de l’église. »
Puis Christine Frasson-Botton a ajouté : « Une année s’est écoulée depuis notre dernière rencontre. Une année très intense encore en démarches auprès des élus, des décideurs, et en événements pour nous faire connaître. Je vous rappelle que l’église est un bien communal et que notre objectif est sa sauvegarde et sa restauration. Pour atteindre cet objectif, notre action comporte deux axes principaux : les travaux proprement dit et la recherche de leur financement. » Pour le financement de cette restauration, l’association Notre Clocher ne pourra solliciter d’éventuels mécènes qu’avec un chiffrage des travaux à engager. Pour la commune, il en est de même pour qu’elle puisse déposer des demandes de subventions.

Dans les actions de l’association, l’« opération ardoises » du clocher continue. Ce mécénat participatif a permis de collecter 261 initiales sur autant d’ardoises vendues à ce jour. Le principe est simple. Christine Frasson-Botton : « Nous vous proposons de devenir mécène en dédicaçant une ou plusieurs ardoises. Les ardoises avec vos initiales seront posées, en temps voulu, au sommet du clocher par le charpentier qui aura remporté l’appel d’offres lancé par la mairie. Sur chaque ardoise nous donnerons un numéro et inscrirons les initiales que vous nous avez confiées à la peinture indélébile avec 1 personne par 1 ardoise. (…) Pour ce mécénat exceptionnel le montant (est) dégressif selon le nombre d’initiales. Avec la déduction fiscale, cette dédicace coûte finalement 17 euros par ardoise. Chacun recevra un reçu fiscal l’année d’adhésion au projet et une photo de la dédicace au moment de la pose des ardoises. Ce mécénat participatif s’arrêtera au début des travaux. Pour y participer il faut compléter les bulletins à disposition et les transmettre avec vos initiales. Mais surtout, la démarche peut également être faite sur le site Internet sécurisé à l’adresse : notreclocher.com »
Christine Frasson-Botton a conclu son intervention ainsi : « Vous vous en êtes rendus compte, je me sens investie d’une mission que je veux mener à son terme, avec votre aide bien sûr, celle de notre conseil d’administration et celle de nos élus. »
Dans son discours, Pierre-Yves Bonnivard a remercié l’association « qui fait un travail formidable depuis des mois voire des années » et précisé : « Quant à la municipalité, on est sollicité sur le sujet, on nous dit : « Faut avancer ! » » Justement où en est la commune sur ce projet ? Le maire a donné plusieurs informations. La société Schéma qui exploite le barrage de Lachal, fera réaliser des constats d’huissier à Lachal et le long de la route départementale. Ce qui permettra d’identifier d’éventuelles dégradations qui pourraient avoir lieu pendant les travaux de démantèlement du barrage et le passage de nombreux camions. Le cas échéant, Shéma prendrait en charge les réparations. Sur ce point Christine Frasson-Botton a ajouté : « Ce dossier sera suivi de près ! »
Concernant la zone de glissement de la route qui conduit du Martinan au pont de Nantchenu en passant sous le vieux cimetière, constatée à l’automne 2023, et qui a contraint la commune à la fermer puis à réduire son accès, le maire a indiqué que « les dernières études (montraient) que cette zone de glissement, d’une profondeur de 10 mètres, (était) actuellement stabilisée et ne (touchait) pas l’église. »
Sur la restauration de l’église, des architectes ont été sollicités pour effectuer des chiffrages précis sur son coût et sa faisabilité. Pierre-Yves Bonnivard : « On a contacté 11 architectes reconnus en matière de patrimoine, 3 ont répondu et le conseil municipal choisira fin septembre ou courant octobre. L’idée est d’être en ordre de marche pour des travaux qui commenceraient au printemps 2026. » Mais Pierre-Yves Bonnivard a aussitôt tempéré ses propos : « Le budget de la commune est de 2,7 millions d’euros. Quand on a enlevé les charges courantes et les charges liées au fonctionnement de la station, il reste pour 250 000 euros d’investissements, ce qui fait un peu moins de 10 % du budget. Dans les mois à venir, il y aura des décisions à rendre sur ce qu’on veut faire collectivement à Saint-Colomban et donc des décisions à prendre sur quel projet on met l’argent public. »
Dans son intervention, Sophie Verney a rappelé son attachement à la vallée des Villards, sa grand-mère étant de Saint-Alban-des-Villards (hameau de l’Église), puis salué l’association pour son « travail remarquable » en faveur du « magnifique patrimoine » villarin auquel elle sait « le maire très attaché », ajoutant : « Le mécénat des ardoises est une très bonne idée à laquelle je participe aussi. » Sur la restauration de l’église et tout le travail administratif accompli, la conseillère départementale a indiqué : « On ne voit vraiment pas ça partout. Le département fera tout pour vous soutenir dans vos actions, du mieux qu’il le peut. (…) Je souhaite longue vie à cette association et à cette église, véritable élément du patrimoine de notre vallée. »
Les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir de ce projet.
Christophe Mayoux
■ Les photographies qui illustrent ce texte sont de Christophe Mayoux.