Le carnet

Le carnet (février 2026)

Pour publication dans Le carnet des avis de naissances, de mariages et de décès cliquez ICI. Ces avis seront mis en ligne chaque fin de mois.

DÉCÈS

• De Mme Colette Grèzes née Frasse-Sombet, le 10 janvier 2026 au Vigan (Gard) (91 ans).

• De M. Philippe Vachet-Valaz (L’Église), le 21 janvier 2026 à Rodilhan (Gard) (62 ans).

• De M. Jean-Pierre Crosato (L’église), le 31 janvier 2026 à Chambéry (71 ans).

• De Mme Marcelle Tronel-Peyroz née Courtiol (Lachal), le 18 février 2026 à Montpellier (101 ans).

* De Mme Nicole Martin-Cocher, le 23 février 2026 à Grenoble (83 ans).

• De Mme Marie-France Martin-Cocher née Guillot (Nantchenu), le 24 février 2026 à Saint-Nazaire-les-Eymes (82 ans).


Disparition

Claude Gauterin, chroniqueur du pays villarin

Ancien journaliste au Provençal et à La Maurienne, collaborateur du Petit Villarin, Claude Gauterin est décédé le 29 janvier dernier. Il avait 78 ans.

Né en 1947 à Cavaillon (*) au bord de la Durance et près du Luberon dont il avait gardé l’accent si particulier, Claude Gauterin entre au Provençal comme localier en 1965. En 1997, quand ce quotidien fusionne avec Le Méridional pour devenir La Provence, Claude Gauterin quitte Le Provençal en faisant jouer sa clause de conscience. Il vient habiter à Saint-Alban-des-Villards, au Bessay, d’où était originaire sa mère, Mireille, née Martin-Rosset.

Âgé de 50 ans, Claude Gauterin s’engage alors comme reporter à La Maurienne couvrant l’actualité d’Aiton à Modane. C’est là qu’il rencontre sa future épouse, Adeline Mancuso. De 2000 à 2003, succédant à Raphaël Sandraz, Claude Gauterin devient chef d’édition. Mais quand La Maurienne, qui appartient depuis 1988 au groupe du Dauphiné libéré, est reprise par le groupe Sepra qui édite Le Messager, Claude Gauterin quitte la direction de l’hebdomadaire mauriennais tout en restant reporter. En 2007, il prend sa retraite et finit son parcours « en roue libre », comme il aimait à le dire, en devenant pigiste au Petit Valentinois et La Vie nouvelle puis, en 2018, de nouveau à La Maurienne où il chroniquera l’actualité villarinche publiant plus de 400 articles jusqu’en 2023 dont une soixantaine cette année-là alors, qu’hélas, sa santé commençait à décliner

Dans l’hommage qu’elle lui a rendu, Jacqueline Dupenloup a salué ce travail : « Il fut le chroniqueur attentif des événements villarins, petits ou grands moments de convivialité, de débats, de tensions parfois, sur lesquelles il portait un regard de journaliste bienveillant, introduisant un brin d’humour au milieu des conflits. Torrents et ruisseaux en crue, 11-Novembre sous la neige, saison d’été et bel automne (automne qui était sa saison préférée), coureurs colorés, costumes du 15 août, sentier des hameaux abandonnés et des remues, retour de la transhumance et Sybelles Villarinche, hommage aux bénévoles… Claude allait, venait, courait même, d’une animation à une réunion, du col du Glandon à la croix des Charrières, galérant parfois dans la neige ou le mauvais temps, mais  toujours présent. »

Claude Gauterin a été un fidèle soutien du Petit Villarin. « Il a fallu un jour que Christophe Mayoux m’interpelle en me disant : « Claude, l’écriture ne te manque pas ? » pour que je reprenne un peu la plume pour Le Petit Villarin » se souvenait-il. Et de partager sans retenue informations, articles et photographies.  

Claude Gauterin était de cette trempe de journalistes qui préfèrent mettre en lumière des hommes, des initiatives et des réussites, plutôt que dénoncer des insuffisances ou des manquements. Chaleureux, il aimait les gens, le contact, les discussions…, et chacun de ses reportages était une occasion pour lui de nouer des amitiés. Gilbert Pautasso se souvient : « C’est par une belle matinée d’automne que je vis se déplier sa grande silhouette d’ex-basketteur. Claude venait nous prendre en photo Monique et moi pour les besoins d’un article qu’il destinait au Petit Villarin. (…) De Cavaillon, il avait ramené plein de graines d’amitié qu’il dissémina sur la terre des Villards, la terre de sa mère dont il parlait toujours, mais aussi une étonnante facilité à dérouler d’interminables histoires. Normal quand on a écrit dans Le Provençal, et trainé ses guêtres sur les pas de Mistral, Giono et Daudet dont il emprunta sans doute un moulin… à parole… Ce qui était fabuleux avec Claude, c’est que vous n’aviez même pas besoin d’entretenir la conversation et que c’était toujours intéressant. Finalement le temps passa si vite que l’heure de l’apéro sonna, puis l’heure du repas arrivant on invita Claude à le partager avec nous. Et les histoires s’enchainèrent aux histoires… Ce n’est pas journaliste que tu aurais dû faire mon cher Claude, mais conteur comme Zian des Alpes. Quand il a repris la route de Saint-Alban, avait-il pris des photos ? Je ne sais plus. Mais une complicité et une amitié étaient nées qui ne se sont jamais démenties. »

Ouvert à l’insolite, à l’énigmatique, au mystérieux, Claude Gauterin était féru des civilisations passées et des religions anciennes. Ce qui ne l’empêchait pas d’être impliqué dans la vie locale. C’est ainsi qu’il fut membre du bureau de l’Association des Villarins et amis de la vallée des Villards de 2003 à 2024. Il avait deux sujets de prédilection : le patrimoine, qu’il défendait aux Villards mais également dans l’association Maurienne patrimoine, et l’environnement. C’est lui qui va faire enlever les batteries d’EDF qui servaient à alimenter une antenne de télévision implantée au col du Glandon, précisément au Carrelet, à 2 132 mètres d’altitude, pour « couvrir » le foyer de Plan Cugnet au moment de la construction du barrage de Grand Maison. Abandonnées à la fin du chantier (1988), elles furent découvertes près de 20 ans plus tard par Jean-Marc Bordas.

Il y a trois ans, Claude Gauterin nous avez indiqué vouloir se mettre en retrait : « Il faut lâcher du lest. J’ai encore une pièce et demie à finir dans ma maison, et bien que ma vie de journaliste m’ait procuré beaucoup d’aventures et de plaisir, j’aimerais aussi me consacrer à re-voyager un petit peu avec mon épouse et à me rapprocher de mes deux filles et mes quatre petits-enfants. »

« Il nous manquait depuis plusieurs mois, a dit Jacqueline Dupenloup en conclusion de son témoignage, il nous manquera hélas encore plus, mais ses écrits nous restent. »

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(*) Dont le maire actuel, Gérard Daudet, est originaire des Roches.↩︎

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