Saint-Alban-des-Villards
Jacqueline Dupenloup : « Consacrer mon temps et mon énergie à Saint-Alban, sans me disperser »
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« Saint-Alban-des-Villards est notre commune et nous y sommes attachés. Continuer à la faire vivre, tel est notre objectif, avec et pour ses habitants, ses visiteurs (…) et dans le cadre de ses possibilités budgétaires… » C’est ainsi que Jacqueline Dupenloup résume le programme de la liste Saint-Alban-des-Villards, notre Commune qu’elle présente aux élections municipales (lire l’encart ci-dessous). Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Jacqueline Dupenloup expose les grandes lignes du programme de cette liste, programme qu’on peut regrouper selon 5 thèmes : l’équipe et le travail municipal, les relations intercommunales, les activités économiques (agriculture, tourisme…), la qualité de vie des résidents, l’animation et la mise en valeur du patrimoine. Tous ces points seront repris, développés et commentés au cours d’une réunion publique d’information, fixée le 7 mars prochain à 15 heures à la mairie de Saint-Alban.
Sur l’équipe et le travail municipal
« Le Petit Villarin : La maire sortante est en seconde position sur la liste des candidats. Est-ce lié au nouveau mode de scrutin (listes bloquées et paritaires) et à la difficulté de trouver des candidat(e)s ?
– Jacqueline Dupenloup : Le nouveau mode de scrutin impose effectivement une stricte parité. Une liste de 7 doit être ainsi composée alternativement de 4 hommes et 3 femmes (H, F, H, F, H, F, H) ou de 4 femmes et 3 hommes (F, H, F, H, F, H, F). Il se trouve que notre liste est composée de quatre hommes et trois femmes. C’est donc un homme qui doit figurer en position un. J’ai cependant au final annoncé clairement et publiquement que je poserai à nouveau au sein du conseil municipal ma candidature à la fonction de maire. Je regrette qu’un des effets des nouvelles règles soit de brouiller la visibilité pour les électeurs qui s’attendent à ce que le candidat à la fonction de maire, qu’il soit homme ou femme, conduise la liste. La règle de parité, qui a du bon, aurait pu avoir une forme évitant cet écueil. Mais je regrette bien davantage le principe du scrutin de listes bloquées dans les petites communes. Il n’autorise plus les candidatures individuelles, qui aboutissaient dans certains cas à l’élection de citoyens un peu marginaux, mais reconnus par la population pour leurs compétences ou leur personnalité. Le panachage, dans des communes où les listes ne se font pas sur des critères de politique nationale, même s’il exprimait parfois une vengeance personnelle chargée de négativité, pouvait aussi permettre au fil du mandat de dépasser la logique des clans et de faire travailler ensemble pour le bien commun des élus portés par le sens de l’intérêt général. L’Association des maires ruraux a porté ce changement de scrutin, c’est une des raisons pour lesquelles je ne serai plus candidate à son comité départemental. Je ne candidaterai plus, non plus, au conseil d’administration de l’association Espace Belledonne : il est temps que je m’épargne de trop fréquents déplacements sur Chambéry, Goncelin, les Adrets…
– Avec une population inférieure à 100 habitants, la commune de Saint-Alban va perdre 1/3 de ses conseillers : 7 au lieu de 11 actuellement. Comment va s’organiser le travail de l’équipe municipale à la lumière de l’expérience des deux mandats précédents ?
– Là encore, je regrette qu’en 2014 le nombre de conseillers municipaux pour les communes de moins de 100 habitants soit passé de 9 à 7. Neuf élus, c’était un bon nombre pour travailler. La loi permet de déposer une liste de 9, mais les numéros 8 et 9 (en parité aussi) ne siègeront pas. Je me demande bien en quoi c’était gênant de garder 9 élus de plein exercice dans un conseil : cela ne demandait un sou de plus à personne, juste du bénévolat en plus dans les petites communes, donc du positif. Nous devrons travailler avec des commissions municipales actives, ouvertes aux habitants ou résidents secondaires et aux socioprofessionnels. Ce sera le cas dans le domaine agricole, pour les activités de pleine nature, pour les finances… Par ailleurs, nous devrons renforcer le personnel administratif : une seule secrétaire de mairie ne peut suffire face à l’augmentation de la charge de travail avec les exigences normatives croissantes qu’il faut assumer, la dématérialisation qui parfois complexifie plutôt que de simplifier… et la place importante du domaine public de Saint-Alban surprenante pour une toute petite commune avec des appartements locatifs, des gîtes communaux, une auberge, la chaufferie au bois, et bientôt une salle associative…
Sur les relations intercommunales
– La puissance publique pousse à la fusion des communes. Quelle est la position de la commune de Saint-Alban sur cette question ?
– Nous pensons que des coopérations sont possibles et nous les rechercherons sans que les communes n’aient besoin de fusionner. La puissance publique pousse à la fusion avec des encouragements financiers, la plupart du temps de bien courte durée. Il est important que les communes existent, avec leur conseil municipal, leur budget, leurs relations de proximité. On ne peut pas demander aux élus qui sont sur place dans les territoires de gérer le quotidien jour et nuit, de pratiquer « la débrouille rurale » en permanence, mais de voir leur voix diluée par des structures plus éloignées. Je suis tellement convaincue qu’il faut conserver des communes et des maires que je souhaite pouvoir consacrer temps et énergie à Saint-Alban-des-Villards sans me disperser : si nous sommes élus, c’est Béatrice Darves-Bornoz qui siègera à la communauté de communes Terres de Maurienne (*) pour Saint-Alban-des-Villards. Le conseil municipal, lui, aura à « faire avec » les décisions de la communauté de communes qui parfois aide vraiment les communes qui la composent (c’est le cas par exemple sur le dossier du transport social) et parfois ne peut comprendre la situation de ses communes de montagne (exemple de la restauration scolaire, dossier dans lequel j’ai tant eu le sentiment que notre spécificité n’était pas prise en compte que j’ai douté de la possibilité d’agir dans l’instance communautaire).
– À quelques singularités spécifiques près, Saint-Alban et Saint-Colomban partagent la même vallée et la même histoire. Elles ont subi des déclins comparables. La coopération entre les deux communes est donc naturelle et nécessaire, et fonctionne actuellement avec l’école, la déchetterie, le CCAS, etc. D’autres collaborations sont-elles envisagées ?
– Cela ne dépend pas de notre seule commune. Par exemple, il est certain pour nous que la mise en valeur touristique doit se faire à l’échelle de la vallée mais cette conviction, pour se traduire concrètement, doit être partagée par tous les partenaires, par les deux communes et par la communauté de communes qui a la compétence tourisme.

Sur les activités économiques
– Un diagnostic agricole d’ensemble a été réalisé sur la vallée des Villards en lien avec les éleveurs, les propriétaires de terrains et l’Association foncière pastorale intercommunale. Quelles actions sont programmées pour maintenir la vie agricole sur le territoire et en améliorer la cohérence, et pour entretenir la forêt ?
– Pour nos éleveurs comme pour l’entretien de nos forêts, nous devons entretenir et si possible améliorer nos pistes forestières ; celle de la forêt du Nant a une incidence sur l’écoulement des eaux vers le ravin du Cray Blanc, dont l’activité est toujours à surveiller, celle du Truc a un point noir situé avant La Frasse dont il faut poursuivre la réhabilitation. Le souci de l’avenir doit nous conduire à poursuivre la régénération des surfaces de forêt publique. Pour tous nos habitants, nos éleveurs, nos visiteurs, nous devons travailler à la conciliation des usages, à la cohabitation dans les hameaux ou sur les sentiers avec les chiens de protection rendus indispensables face à la prédation. Un projet de chalet pastoral communal pourrait être initié afin de donner aux bergers des conditions de travail correctes. Une commission agricole active sera mise en place pour exploiter les conclusions du diagnostic agricole.
– La commune de Saint-Alban a proposé un tourisme favorisant la découverte de son patrimoine architectural et naturel en promouvant des itinéraires de randonnées. Comment sera renforcé cette offre touristique et comment s’inscrit-elle dans le tourisme villarin ?
– Nous avons créé entre 2020 et 2026 des outils, deux sentiers patrimoniaux, un musée à ciel ouvert, un petit site d’exposition permanente dans la petite chapelle du Bessay placée tacitement sous le contrôle bienveillant du voisinage. Nous devons mettre en valeur ces outils, les faire vivre, prévoir un meilleur éclairage dans la petite chapelle, assainir notre église… Nous assurerons cette mise en valeur d’abord avec nos propres forces. Si la communauté de communes Terres de Maurienne veut nous aider à les faire connaître et à les animer, nous en serons satisfaits.
– Des créations de gîtes touristiques sont-elles envisagées dans des bâtiments anciens que pourrait acquérir la commune ?
– Non. Notre objectif est de renforcer l’habitat permanent. C’est ainsi que dans l’ancien café du Merlet les deux appartements créés (90 m2 pour un duplex et 40 m2 pour un appartement T2) seront destinés à la location à l’année (ou, pour le T2, pour un salarié saisonnier). Par ailleurs, le dernier bâtiment public aménageable à Saint-Alban était le café du Merlet. Il est en voie de réhabilitation et c’est un gros investissement budgétaire. Acquérir de nouveau bâtiments n’est pas envisagé à ce stade.
Sur la qualité de vie des résidents
– Des urbanisations sont-elles prévues pour accueillir de nouveaux résidents et ainsi accroître sinon stabiliser le niveau de la population ?
– La commune de Saint-Alban-des-Villards a un dossier majeur : les décanteurs sous le hameau du Planchamp et place Bellecour (sous Le Premier-Villard) sont considérés comme obsolètes. La qualité du réseau d’assainissement va conditionner la possibilité de construire. Fin 2026, les études menées (pour plus de 1,3 million d’euros) par la communauté de communes Terres de Maurienne doivent se conclure par la présentation d’un schéma directeur eau et assainissement, pour chaque commune dont Saint-Alban. Pistes de solution et estimation de coûts seront produites. Les travaux nécessaires devront alors s’engager pour lever la trame d’inconstructibilité liée à cette question. Par ailleurs, nous devrons veiller à conserver une gestion de proximité de l’eau et de l’assainissement en limitant les hausses pour les usagers.
– Quelles actions sont prévues pour améliorer la qualité de vie des résidents : routes, services, sécurité, déneigement, défrichement des abords des hameaux, rencontres, etc. ?
– Outre l’assainissement dont on vient de parler, les sentiers de liaisons entre hameaux, les itinéraires patrimoniaux aménagés entre 2020 et 2026, les sentiers conduisant aux alpages… sont des sentiers à enjeux qui seront entretenus régulièrement. Plus généralement, les entretiens réguliers de voirie seront poursuivis et nous voulons travailler, avec l’aide du département, à la sécurisation de la traversée du Chef-Lieu et des hameaux. Par ailleurs, en complément des contrôles faits régulièrement sur les équipements de sécurité, le plan communal de sauvegarde sera réactivé avec un référent par hameau. Des demi-journées d’information de la population seront proposées avec le centre de secours de Saint-Jean-de-Maurienne. Le maintien des espaces ouverts au milieu et autour des hameaux est devenu un enjeu important, pour son intérêt paysager mais aussi comme moyen de prévenir de possibles incendies. La commune entretiendra un certain nombre de petites parcelles qu’elle a acquises entre 2014 et 2026. L’acquisition d’une partie de succession vacante peut permettre sous la mairie la création d’un verger communal avec des arbres fruitiers de pays. Les propriétaires seront incités à dégager ou faire dégager les abords des maisons, la commune fournissant une liste de paysagistes, bûcherons… susceptibles d’intervenir, et encourageant des groupements de commande ou d’actions. Notre centre communal d’action sociale poursuivra sa présence envers les aînés et la commune poursuivra son aide aux associations locales et à leurs bénévoles, dont les actions sont précieuses. Nous chercherons, en coordination avec l’association Déclicc, à proposer des initiatives envers les jeunes de la vallée des Villards. Enfin nous souhaitons maintenir si possible les taux communaux de fiscalité (taxe foncière et taxe d’habitation).
Sur l’animation et la mise en valeur du patrimoine
– Au cours du mandat qui s’achève, la commune de Saint-Alban eu une activité remarquée dans la programmation d’animations : cinéma, conférences, expositions de peintres locaux, marché sur la place du Triandou, etc. Sur la même période, la commune a également développé une forme originale de mise en valeur de son patrimoine combinant éditions de livres, expositions de photographies anciennes, balades autour des hameaux abandonnés, etc. D’autres projets sont-ils arrêtés ?
– Pour cet été 2026, nous souhaitons avoir des initiatives de mise en valeur de ce qui a été fait. La nouvelle équipe municipale, en lien avec les habitants, déterminera ensuite d’autres projets, elle en a la volonté. »
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(*) Nouvelle dénomination de la communauté de communes du canton de La Chambre (4C).↩︎
Liste Saint-Alban-des-Villards, notre Commune
La liste Saint-Alban-des-Villards, notre Commune présentée par Jacqueline Dupenloup comprendra 4 hommes et 3 femmes (57 ans de moyenne d’âge) :
• Marc Clérin (Le Premier-Villard, 66 ans, retraité), conseiller municipal sortant, actuel délégué à l’urbanisme. Marc Clérin a été conseiller municipal de Saint-Alban-des-Villards de 1989 à 2001 et de 2020 à 2026.
• Jacqueline Dupenloup (Le Premier-Villard, 71 ans, enseignante des écoles retraitée), maire sortante. Jacqueline Dupenloup a été conseillère municipale de Saint-Alban-des-Villards de 2008 à 2014 et maire de la commune de 2014 à 2026.
• Yannis Nacef (Le Frêne, 30 ans, enseignant-chercheur à l’Université), conseiller municipal sortant, actuel délégué à la mise en valeur du patrimoine.
• Béatrice Darves-Bornoz (Le Bessay, 66 ans, retraitée de la fonction publique territoriale).
• Michel Donda (L’Église, 70 ans, expert-comptable), conseiller municipal sortant. Michel Donda a été conseiller municipal de Gières de 1995 à 2001 et conseiller municipal de Saint-Alban-des-Villards de 2001 à 2008 et de 2020 à 2026.
• Jocelyne Nicolas née Frasson-Botton (Le Mollard, 72 ans, retraitée de l’éducation nationale).
• Bastien Pirraud (Le Frêne, 27 ans, ingénieur géologue).↩︎
