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Réaménagement de la retenue de Lachal : le point des travaux

Le 19 mai dernier, à la salle des fêtes de Saint-Colomban-des-Villards, la Société hydraulique d’études et de missions d’assistance (Shéma) a fait le point sur le chantier de réaménagement de la prise d’eau de la centrale hydroélectrique de Saint-Alban-des-Villards. Étaient présents, Alexandre Goncalves, gestionnaire d’actifs hydroélectriques à Shéma, Jean-Charles Galland, directeur général de Shéma, et Romain Chevaudonna, chef de service adjoint à la société Hydrostaduim (*).

Le contexte de ce chantier

Les travaux commencés en octobre dernier, sont l’aboutissement de 6 ans de pression exercée par les riverains, la commune et les pouvoirs publics sur l’exploitant suite aux crues successives qui ont démontré (mais cela était-il vraiment nécessaire ?) combien l’édification d’un barrage en travers du Glandon modifiait de manière significative le lit du torrent dans la traversée du hameau de Lachal et mettait en danger les riverains. Comme on a pu l’observer lors des crues importantes de 2017 (30 juillet et 8 août, cette dernière aussi violente que celle de juillet 1994 qui avait été jugée exceptionnelle par les riverains), 2018 (5 août et 21 août), 2020 (1er juillet), 2021 (30 juillet), etc. Malgré des déblaiements réguliers, ces crues et le courant naturel du Glandon qui charrie continuellement des matériaux ont finalement réduit de moitié la capacité initiale utile de la retenue qui était de 55 000 m3 au moment de sa mise en eau…

Alexandre Goncalves : « Après l’épisode torrentiel de 2018, Shéma a travaillé sur la modification de l’ouvrage pour passer d’un aménagement avec retenue à un aménagement au fil de l’eau avec démantèlement du barrage existant. Ce changement a nécessité des études de la topographie du site, du transit sédimentaire, des écoulements torrentiels, de la robustesse de l’ouvrage et de son évolution, etc. La conception du nouvel ouvrage sans retenue d’eau a été étudiée en collaboration avec des experts en écoulements de laves torrentielles. Une fois arrêté, ce réaménagement a nécessité des autorisations préfectorales qui encadrent les objectifs et fixent la fin des travaux avant la fin de l’année 2028. De juin à septembre 2025, Shéma a lancé des consultations d’entreprises pour démarrer les travaux en octobre 2025 et ainsi permettre la fin du démantèlement du barrage pour mi-décembre 2025. Des consultations ont également été engagées dès décembre 2025 pour la passation des marchés de reconstruction avec la fabrication des vannes en rivière (notifiée en avril 2026) et pour l’ensemble des autres ouvrages et matériels (notification prévue fin mai 2026) ».

Le démantèlement du barrage

Les premiers travaux ont duré trois mois. Alexandre Goncalves : « Le barrage a été démantelé grâce à l’ouverture d’une brèche de 20 mètres de large qui a nécessité des engins de levage pour déposer les gros équipements mécaniques (vanne de fond), l’utilisation de brise-roche hydrauliques pour démolir la structure en béton du barrage (quelque 2 100 m3) et les enrochements bétonnés (600 m3), des pelles mécaniques et des tombereaux pour les terrassements (19 000 m3). Un tri méticuleux des déchets (plastiques, métaux etc.) a été effectué sur le site avant leur évacuation en filière de traitement et de recyclage. Il a fallu aussi remettre en place le chantier après la crue du 23 octobre 2025… » Ainsi, depuis décembre 2025, conformément au calendrier initial, l’écoulement du Glandon se fait sans entrave vis-à-vis de son flux naturel, des crues ou des laves torrentielles (**) (lire ICI).

Le chenal

Le but de l’opération est de remplacer la retenue par un chenal de 250 mètres de long avec construction d’une prise d’eau qui sera située, rive droite, à hauteur des habitations de Lachal d’en Bas.

Le chenal aura une largeur de 12 mètres en pied et la hauteur de la rive droite variera de 3,5 m à 6 mètres de haut. Sa pente, régulière, sera de 7,5 % ce qui correspond au profil d’équilibre du Glandon. « Elle permettra, a précisé Alexandre Goncalves, le transit des sédiments qui ne se déposeront pas dans le lit du torrent qui ne s’élèvera donc pas. Cette pente est surtout prévue pour permettre le passage d’une lave torrentielle de 300 m3/s ce qui est du jamais vu, d’autant, compte tenu des crues passées, qu’il semblerait qu’un débit de quelque 100 m3/s soit considéré comme millénal… » Il a été rappelé que des systèmes pour détecter des ondes de crues ou de laves torrentielles (comprenant pluviomètres, mesures des niveaux du Glandon à hauteur des ponts situés en amont de Lachal sur la RD 927, mesures de vibrations, alertes de Météo France) ont été placés en amont de l’ouvrage avec transmission d’alertes à l’exploitant qui permettront de fermer la nouvelle prise d’eau.

■ Le chenal et, rive gauche, libre de toute végétation, la banquette qui permettra l’expansion des crues et des laves. – (Document Shéma.)

« Par ailleurs, a précisé Jean-Charles Galland, même si sa pente régulière devrait grandement limiter les dépôts, le chenal sera nettoyé. C’est dans nos consignes d’exploitation d’inspecter en permanence ce chenal et de le dégager d’éventuels dépôts qui ne puissent pas être repris par un écoulement naturel. » À la question : « Où se déposeront les sédiments ainsi entrainés ? », le directeur général de Shéma a répondu : « En aval de la retenue démantelée, dans une zone où la pente est plus faible et où le Glandon retrouvera son fonctionnement naturel avec une tendance à s’étaler. »

La nouvelle prise d’eau

La nouvelle prise d’eau a été conçue en collaboration avec un expert en écoulement torrentiel et validée par les services de l’État. Alexandre Goncalves : « Elle répond à l’exigence d’écoulement sans entrave des crues et des laves torrentielles, à la protection des habitations en rive droite et à la continuité écologique en préservant la dévalaison des poissons. » À un auditeur qui a fait remarquer qu’il n’y avait pas de poisson dans le Glandon, Jean-Charles Galland a répondu : « On nous l’a demandé, on n’a pas discuté… »

Pour prendre en compte les enjeux de sécurité, la vanne centrale d’évacuation des crues peut s’ouvrir en moins de 1 minute. Alexandre Goncalves a commenté un document (reproduit ci-dessous) qui montre l’aménagement en fonctionnement normal quand la grande vanne centrale à contrepoids évacuatrice de crues est en position fermée. « Sur ce document, le cheminement de l’eau est matérialisé en bleu. Cette dernière, bloquée par la vanne centrale en position fermée, chemine latéralement par le dessableur avant d’être acheminée par la conduite forcée (tuyau enterré de 5 km environ) jusqu’à la turbine située à l’usine de Saint-Alban-des-Villards. À l’aval de la vanne centrale en position fermée, de l’eau continue à s’écouler pour alimenter le Glandon avec un débit réservé de 190 litres par seconde assuré par l’ouverture de la petite vanne qui régule le débit de dévalaison. En situation exceptionnelle, sur détection d’une lave torrentielle en amont ou autre (entretien du chenal par exemple), on ouvre la vanne centrale évacuatrice de crues. En plus de la vanne, pour renforcer la sécurité, une banquette permet si nécessaire l’expansion des crues et des laves en rive gauche, et la rive droite sera plus haute que la rive gauche. Une double sécurité qui sécurisera les habitations rive droite. » 

■ Le principe de fonctionnement de la nouvelle vanne. – (Document Shéma.)

Les prochaines étapes du chantier en 2026

• Déviation provisoire du Glandon côté Valmaure

Pour réaliser les ouvrages de génie civil qui doivent se faire hors d’eau, à sec, un chenal de contournement est nécessaire pour dévier le Glandon de son lit naturel. Ces travaux sont prévus jusqu’en juillet et nécessiteront des terrassements importants (45 000 m3 de déblai). Alexandre Goncalves : « Ce chenal de dérivation qui sera mis en service dès juillet prochain comprendra un enrochement pour garantir l’écoulement d’une lave torrentielle de 300 m3/s dans cette dérivation au cas où des crues se produiraient pendant son utilisation. Cet enrochement ne partira pas du pont des Moulins, mais on va isoler la rive droite avec un batardeau en terre afin que le torrent ne puisse pas passer en rive droite. » 

■ Le canal de dérivation provisoire du Glandon. – (Document Shéma.)
■ Travaux préparatoires à l’ouverture du canal de dérivation (à gauche, le Tépey se jette dans le Glandon). – (Photographie Le Petit Villarin.)

Cette période transitoire inquiète les riverains : « Même si le chenal est conçu pour évacuer une lave de 300 m3/s, si le pont est encore là, ça ne changera rien pour les riverains immédiats du pont… » Jean-Charles Galland a tenté de les rassurer : « Nous on travaille dans le domaine de la concession qui s’arrête à la confluence entre le Glandon et le Tépey. On ne va pas jusqu’au pont. Mais sur le pont, je ne vais pas m’engager pour la commune, mais la question va être traitée puisque il a été identifié comme étant un point de contraction qui réduit la section de passage des crues et des laves, conduit à rehausser le niveau de l’eau et, du coup, déborde. Ce qu’on peut dire, c’est que nous sommes associés aux réflexions menées par la commune concernant ce pont pour bien gérer les interfaces entre ce qui va être fait dans la reconstruction du pont et ce qu’on fait nous. Quand on aura terminé nos travaux et réglé la question du pont, on aura résolu les problèmes. Mais il faut rester humbles. On travaille sur des phénomènes compliqués. On travaille avec des experts, on a pris des marges, nous sommes convaincus qu’il n’y aura plus de problèmes. » 

À propos du pont et sa reconstruction, Emmanuel Bellot-Mauroz est intervenu pour demander que la société Shéma et la commune travaillent de concert : « Si on fait sauter le pont, il va falloir en faire un autre ailleurs et si en amont de vos enrochements vous ne mettez que de la terre, il n’y a rien qui tiendra. Pendant que vous faites vos travaux, il faut vous mettre d’accord avec la commune et faire le pont. Il faut profiter des engins et donner ainsi un coup de pouce financier à la commune car, bon gré mal gré, on vous a quand même laissé faire votre réaménagement. (…) Le pont il faut l’intégrer pendant les travaux de votre ouvrage. (…) Il ne faudrait pas qu’on s’aperçoive une fois que tout est fini qu’on peut pas faire ce pont parce qu’il y a ceci ou cela qui gêne. Ce que je dis ce n’est pas pour mettre la pression mais pour essayer que tout soit fait en même temps et aider la commune. »

Jean-Charles Galland en a convenu : « Encore une fois on ne va pas jusqu’au pont qui est en dehors de la concession. Mais vous avez raison, Il faut que les projets soient pensés de façon concomitante et cohérente sinon on risque effectivement de se retrouver à la fin avec des choses qui ne vont pas et être obligé de casser ou de refaire, etc. Nous sommes en relation avec la commune pour être associés à ses réflexions sur le pont et sur toute cette partie en amont de la confluence avec le Tépey. »

• Construction des ouvrages de génie civil

Une fois le Glandon détourné, entre août et décembre prochains (avant la saison hivernale), seront réalisés l’élément central du nouvel ouvrage (en rivière) et la pose de la conduite forcée en rive gauche, ce qui nécessitera des terrassements préalables aux fondations de l’ouvrage (15 000 m3 de déblai). Le chantier va prendre une nouvelle tournure. Alexandre Goncalves : « Aujourd’hui on est sur du terrassement mais demain on sera sur des opérations de coffrage, ferraillage, coulage de béton et donc il y aura du matériel à manutentionner et, pour ce faire, on va installer une grande grue fixe au milieu du chantier qui va rester sur la durée des travaux pour les ouvrages et une grue mobile car cette année est prévue la pose de la conduite forcée entre l’endroit où le tuyau a été coupé (en aval de la retenue initiale) pour démanteler le barrage et la nouvelle prise d’eau. » Pendant les travaux les digues rives droites ne seront pas touchées.

■ L’emplacement des travaux de génie civil (en rouge, la nouvelle prise d’eau). – (Document Shéma.)

Cette nouvelle phase du chantier va nécessiter un renfort de personnels ainsi qu’un réaménagement et un agrandissement la base de vie actuelle. Il faudra également des parkings. Actuellement il y a 6 ou 7 personnes qui travaillent sur le chantier mais à terme Alexandre Goncaves a indiqué « qu’il devrait y en avoir une vingtaine, 30 au maximum mais en moyenne une vingtaine ». Des personnes propriétaires de terrains à Lachal d’en Bas auraient été contactés…

Les nuisances

Les responsables de la société Shéma n’ont pas éludé cette question. Alexandre Goncalves : « On s’est rendu compte que la poussière était un problème. On a affaire à des matériaux pulvérulents qui ont été testés et qui s’avèrent inertes et non dangereux, mais qui, secs, volent, et mouillés font de la gadoue. Néanmoins des pistes du chantier sont arrosées 2 fois par jour et un tracteur muni d’un balai à l’avant nettoie régulièrement la route entre le chantier et la déchetterie… ce qui fait plus de poussière qu’autre chose. » Un auditeur dans la salle ayant proposé qu’on nettoie les roues des camions qui quittent le chantier avant qu’ils ne s’engagent sur la route de Lachal…, depuis la réunion, un asperseur a été installé à la sortie du chantier pour fixer la poussière. Et chaque fin de semaine la route est nettoyée.

■ Le tracteur-balai remontant la route de Lachal… – (Photographie Le Petit Villarin.)
■ Nettoyage de la route par un camion-citerne. – (Photographie Le Petit Villarin.)

Les travaux sont également bruyants et c’est pour cela a rappelé Jean-Charles Galland que les horaires sont limités entre 8 heures et midi et entre 13 heures et 17 heures, du lundi au vendredi midi. La vitesse des camions pose également un problème. Alexandre Goncalves : « On a eu des remontées sur des camions qui roulent un peu vite et nous allons faire un rappel au code de la route. C’est un sujet sensible car la route est étroite et l’été il va y avoir des cyclistes, des motos, etc. » Christine Frasson-Botton, présidente de l’association Notre Clocher a tenu à souligner « qu’en passant à hauteur de l’église, les camions roulent doucement » comme elle en avait exprimé le souhait pour éviter des vibrations qui pourraient être dommageables à l’édifice religieux. Il faudrait que les camions roulent moins vite aussi pour éviter de soulever la poussière, notamment sur la route de Lachal où les courants d’air habituels la renvoie immanquablement sur les maisons proches du chantier… De ce point de vue, et pour les mêmes raisons, il serait bon que sur cette route tous les véhicules en fassent autant…

La gestion des matériaux excédentaires

Ce chantier nécessite des opérations de déblai et de remblai avec des mouvements de terre complexes à gérer. Des stockages provisoires sont réalisés le temps de les évacuer. La quantité de matériaux excédentaires a été estimée à environ 75 000 m3. Compte tenu de ce volume important, des démarches ont été entreprises dès le début du projet pour trouver des sites de stockage des matériaux en accord avec la commune et les services de l’État. Une partie des démarches a abouti, des autorisations ont été délivrées et des conventions ont été signées avec la commune. De ce fait, certaines zones sont déjà en cours de traitement.

• La première zone utilisée comprend toute la partie de la berge érodée située en aval de l’ancienne retenue, rive gauche. D’une capacité de 3 500 m3 environ, elle a nécessité la création d’une piste d’accès, en rive gauche, depuis l’ancien barrage, pour assurer un flux de tombereaux. Ce stockage est quasiment terminé et aujourd’hui les travaux visent à recréer la berge. Ce dépôt de matériaux a été effectué sans enrochement ce qui a étonné un auditeur : « Sans enrochement, cette berge va continuer à s’éroder. » « Il n’y aura pas d’enrochement, a répondu Jean-Charles Galland, car nous n’avons pas les autorisations et puis à cet endroit le torrent va retrouver son cours naturel. »

■ Zone de dépôt en aval et rive gauche de l’ancienne retenue. – (Document Shéma.)

• La seconde zone de stockage est en cours d’achèvement. D’une capacité de 6 000 m3 environ, elle est située près de la déchetterie ou une plate-forme a été créée après défrichement. Cette plate-forme est prête à l’emploi car un compacteur tasse chaque couche déposée sans parler du passage des camions qui circulent dessus.

■ La zone de stockage près de la déchetterie. – (Document Shéma.)

• En juin et juillet prochains, une zone de dépôt (d’une capacité de 3 600 m3 environ) va être ouverte en Pouchette. Auparavant il va falloir effectuer le tri des déchets entreposés là suite à la démolition du bâtiment G de La Perrière.

■ La prochaine zone de dépôt en Pouchette. – (Document Shéma.)

• Bien « qu’actée avec la commune », la zone située aux Échets, près du terrain de football, ne serait pas encore « activée ». Elle aurait une capacité de stockage de quelque 30 000 m3 et permettrait la reconquête d’une parcelle agricole communale aujourd’hui envahie par les ronces. Alexandre Goncaves : « L’idée c’est d’aplanir une parcelle agricole, de la décaper en conservant la terre végétale, et d’étaler nos matériaux qui seraient ensuite recouverts par cette terre. Il reste à planifier l’utilisation de cette zone car il faut d’abord qu’on mette le chenal de contournement en service ce qui nécessitera l’utilisation de camions à une cadence assez élevée pour évacuer les matériaux en minimisant le temps des trajets ce qui exclut de fait la zone des Échets trop éloignée du chantier. Cette zone pourra être activée plus tard en parallèle de la construction des ouvrages de génie civil. On a reçu l’autorisation pour l’utiliser et on a trois ans pour le faire. Compte tenu de l’éloignement, cette zone devra être activée tout de suite à la sortie de l’hiver si possible, avant que le col du Glandon n’ouvre ou alors on demandera une dérogation pour interdire la circulation sur la RD 927. »

■ Zone de dépôt prévue aux Échets (le cercle signale le terrain de football). – (Document Shéma.)

• La société Shéma peut aussi réinjecter des sédiments à l’aval de l’ouvrage, un type d’opération déjà autorisé et réalisé par le passé, afin que ce soit le torrent qui les emportent naturellement et à son rythme. Ces réinjections (« on pourrait aller jusqu’à 7 500 m») sont encadrées. Elles ne pourront se faire qu’en juin et juillet 2026, mai 2027 et mai 2028. Sur la même zone la société Shéma peut également (sans être limitée en capacité) faire de l’hydrocurage qui nécessite toutefois un débit d’eau suffisant dans la rivière et une surveillance de la topographie aval du Glandon.

• D’autres zones ont été proposées par la commune de Saint-Colomban aux Échets (sur d’autres terrains communaux) et au Sapey et en Bellecombe qui a une « belle capacité de matériaux ». Même si cela permettrait de refaire et sécuriser le chemin qui relie Lachal à Prérond, le choix de Bellecombe, lieu situé au delà de Lachal, rive droite du Glandon, a fait tiqué : « Y aura-t-il des enrochements ? Sinon les matériaux déposés là vont immanquablement revenir à Lachal… » « En fait il y a déjà une digue en rocher construite il y a quelques années par le Syndicat du pays de Maurienne, a répondu Alexandre Goncalves, et donc on pourrait mettre nos matériaux derrière cette digue. Et pour accéder à cette zone, on pourrait traverser Lachal en remontant le Glandon. Mais il faut étudier le projet et notamment la question foncière car il semblerait que les parcelles intéressantes soient propriétés privées. » Enfin la commune de Saint-Alban-des-Villards auraient proposé des pistes à proximité de l’usine, en bas de vallée.

■ Autres zones de dépôt à l’étude aux Échets, au Sapey et en Bellecombe. – (Documents Shéma.)

Pour quand, la remise en service ?

Les travaux de génie civil vont commencer et continueront l’an prochain pour se terminer à la fin de l’année 2027. Alexandre Goncalves : « Il y a beaucoup de lots à coordonner, mais la pose des conduites forcées et la pose de la grosse vanne ne peuvent se faire que lorsque les travaux de génie civil seront finis. La pose des gros équipements mécaniques se fera avant octobre 2027. La grosse vanne nécessite un temps de fabrication d’un an et elle n’est pas encore commandée. Il y a aussi des travaux électriques. La deuxième trêve hivernale, hiver 27-28, servira à ajuster les derniers détails au niveau de l’automatisation de la prise d’eau pour avoir un objectif de mise en service au plus tard en mai 2028, mais les travaux seront terminés fin 2027. » Ensuite, au printemps 2028, viendra le temps de la remise en état de la route de Lachal et de la mise en œuvre de l’intégration paysagère…

■ Programmation des travaux à venir. – (Document Shéma.)

L’intégration paysagère

Pour prendre en compte les enjeux d’intégration paysagère, la société Shéma a fait appel à une paysagiste pour étudier l’impact visuel des ouvrages et proposer des mesures permettant de limiter les « zones de visibilité ». Alexandre Goncalves : « Les ouvrages seront semi-enterrés et sur ceux qui dépasseront le terrain naturel on travaille à une implantation d’arbres pour limiter le visuel des riverains sur les aménagements. On est déjà en discussion avec les riverains les plus concernés et certains on déjà choisi des essences d’arbres. Cet embellissement ne concernera pas la banquette rive gauche qui doit vraiment rester libre pour permettre l’écoulement des crues et des laves. Sur une bande de 15 mètres de large elle restera constituée avec les matériaux du Glandon sur lesquels de l’herbe poussera mais on enlèvera toute pousse arbustes susceptibles de gêner l’écoulement. » Le périmètre de la concession sera fermé par une clôture.

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(*) Trente personnes ont assisté à cette réunion dont une dizaine de Lachal. Étaient également présents Pascal Bozon et Ségolène Coin, respectivement 1er et 2e adjoint au maire de Saint-Colomban-des-Villards, Sandrine Ramos Camacho, Marie-France Martin-Fardon et Jean-Baptiste Brosson, conseillers municipaux de Saint-Colomban-des-Villards.↩︎
(**) La société Shéma fait une distinction entre « les crues, constituées d’eau plutôt claire, et les laves torrentielles constituées d’un mélange de sédiments, d’arbres et de rochers ».↩︎

■ La photographie de « Une » est du groupe Shéma.

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