Pompiers

Greg, un pompier d’expérience

En ce début juillet, le monde s’embrasait de toute part. À l’Est, les guerres bombardaient des États, en Espagne et au Portugal le feu ravageait les forêts. À tel point que le soleil en pris ombrage. Il darda ses rayons sur notre belle vallée, faisant suffoquer tout le monde en amoindrissant notre vigilance. Et qui dit manque de vigilance, dit accident.

C’est ainsi qu’en moins de deux jours, notre pompier volontaire, fraîchement incorporé dans le corps des sapeurs-pompiers des Villards, intervint en premier. Tout d’abord, sur un grave accident de chantier à Valmaure où le parton de l’entreprise chuta lourdement de son échafaudage et fut grièvement blessé – multiples fractures – et dû être hospitalisé. Puis ce fut une conductrice qui, affolée par l’arrivée des cyclistes, perdit le contrôle de son véhicule et plongea en contre bas de la route à hauteur du pont qui se situe, sous le hameau du Premier-Villard, entre les deux virages en épingle à cheveux de la RD 927, heureusement sans gravité… sauf pour le véhicule. Notons que ce pont qui a été refait il y a peu, l’a été d’une manière peu propice à la sécurité. Il aurait pu être tiré droit.

Ainsi, deux fois, notre pompier est arrivé le premier sur les lieux de ces accidents (sur le nouveau système d’alerte lire ci-dessous). Ce valeureux pompier volontaire – un pompier bénévole n’est pas rémunéré contrairement à un pompier volontaire – n’est autre que notre brave épicier Grégory Le Goff. Face à cette rapidité d’intervention on commença à jaser dans la vallée. Était-il un chat noir qui amène le malheur comme le disaient certains ? ou un couteau suisse comme le pensaient d’autres ? Notons que sur une seule semaine, il y a tout de même eu quatre interventions. Du jamais vu. Heureusement tout cela s’est calmé.

Comme on le vit suivre des stages chacun pensait que l’on avait affaire à un novice. Que nenni, notre homme possède à son compteur 2 années de service à Paris et 10 à Lyon. Mais comme il y a eu une coupure dans son activité de pompier, Grégory Le Goff a été tenu d’effectuer une remise à niveau.

Grégory Le Goff est un homme fort accueillant. Cependant, si vous le rencontrez, je vous conseille que ce ne soit pas dans le cadre de ses activités de pompier… mais bien plutôt dans l’épicerie-laverie ou bien lors de ses activités d’entretien, de réparation, de débroussaillage, etc. Aves sa compagne, Cécile Vuaillat, les voilà Villarins depuis plus de deux ans maintenant. Ont-ils des regrets ? La réponse, unanime, fuse : aucun ! Saint-Colomban change. Autrefois, on y était heureux comme Baptiste, aujourd’hui c’est comme un Greg de moins en moins lyonnais et de plus en plus villarin.

Gilbert Pautasso

Alerte des pompiers villarins :
un système peu pratique…

Le corps de sapeurs-pompiers de la vallée des Villards compte 5 membres : Simon Cartier-Lange, chef de corps, Jean-Baptiste Brosson, Julien Donda, Grégory Le Goff et Emmanuel Sasso. Un sixième élément, Clément Moreau (compagnon d’Élodie Perrin, secrétaire à la mairie à Saint-Colomban-des-Villards) est en cours de formation pour intégrer le corps.

Simon Cartier-Lange n’est pas content : « Depuis l’automne dernier, le mode d’alerte des pompiers a changé et le corps rencontre des difficultés d’organisation qui ne nous permettent pas d’être pleinement utiles. »

Avant cette « réforme », quand les personnes composaient le 18 ou le 112, le Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis) de Chambéry déclenchait les bips de tous les membres du corps qui étaient ainsi tous prévenus en même temps. Désormais, ne sont prévenus que ceux qui, via une application téléchargée sur leur téléphone, ont signalé au Codis qu’ils étaient d’astreinte. On est donc passé de ce qu’on appelait « l’appel général » à un mode qu’on pourrait appeler « l’appel individuel ».

« De ce fait, indique Simon Cartier-Lange, on loupe des interventions. Par exemple, si je ne suis pas d’astreinte je ne serais pas appelé en cas d’accident, alors qu’avant j’étais averti et je pouvais intervenir si j’étais aux Villards ou si je travaillais à l’atelier. Du coup, aujourd’hui, même en étant informé d’un accident par la ou les personnes en danger qui nous appellent sur nos portables, je n’ai pas le droit d’y aller tant que le Codis ne m’a pas alerté par mon bip, et il ne m’alertera pas si je ne suis pas inscrit comme étant d’astreinte dans les ordinateurs du Codis. En réalité, avec ce système, il faudrait qu’on signale notre statut au Codis (d’astreinte, pas d’astreinte mais disponible, etc.) chaque fois qu’on en change dans la journée ce qui est fastidieux si on doit le faire plusieurs fois par jour… Sans compter que parfois on peut changer de statut pour quelques heures seulement. Aussi, maintenant, parfois les gens ne comprennent pas pourquoi on n’intervient pas alors qu’ils ont appelé le 18 ou le 112. C’est tout simplement que nos bips n’ont pas sonné car pour une raison ou une autre nos disponibilités ne sont pas mentionnées dans les plannings du Codis… »

Cette organisation est frustrante pour les bénévoles qui se sont engagés pour servir et qui ne peuvent pas le faire correctement, comme ils le souhaiteraient, et quelque peu angoissante pour les habitants…  

Que faire ? « Nous ce qu’on souhaiterait, affirme Simon Cartier-Lange, c’est de revenir au système d’avant qui fonctionnait parfaitement, on ne loupait que très peu d’interventions. Mais au Codis, ils ne veulent pas. Néanmoins, nous essayons de nous organiser pour contourner la difficulté en essayant de toujours avoir une personne d’astreinte pour avoir au moins 1 bip qui sonne, et cette personne prévient ensuite les autres pompiers potentiellement disponibles via un appel ou un message sur notre groupe WhatsApp pour prendre le départ. » ↩︎

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