Restauration de l’église
Stéphan Pezzani : « Des travaux qui dureront des années »
Dans son discours de bienvenue, Christine Frasson-Botton, présidente de Notre Clocher, a commencé par remercier les participants à cette rencontre pour leurs soutiens à ce grand projet de restauration de l’église, les bénévoles, le conseil d’administration de l’association, et la paroisse qui était représentée par Marie-Noëlle Calais et Martine Mugnier. Elle a également remercié les maires et les équipes municipales qui se sont succédé en cette année électorale, d’abord Pierre-Yves Bonnivard et ses collègues qui, en fin de mandat, après consultations de plusieurs architectes du Patrimoine, ont retenu la candidature de Thomas Bricheux, puis Stephan Pezzani et son conseil municipal qui, sitôt élus, se sont « appropriés ce dossier » et lancé la 1re phase de travaux pour mettre en sécurité le bâtiment.
Christine Frasson-Botton a également salué la présence de Sophie Verney, conseillère départementale du canton de Saint-Jean-de-Maurienne, pour « son soutien sans faille et son aide dans la recherche des bons interlocuteurs pour les demandes de subventions déposées au département de la Savoie », et aux journalistes qui relaient son action (Dauphiné libéré et Petit Villarin). Invitée, Émilie Bonnivard qui était engagée de longue date sur un autre événement, s’était excusée en rappelant « qu’elle soutenait l’action de Notre Clocher ». On a aussi noté la présence d’Anne-Marie Clappier, de la fondation du patrimoine.

Botton.
« Depuis notre dernière rencontre, a indiqué Christine Frasson-Botton, l’association a été très active. » Puis elle a précisé : « L’église est un bien communal et l’objectif de l’association en est la sauvegarde et la restauration. Pour cela, nous agissons selon deux axes principaux : les travaux proprement dits et leur financement. »
Concernant les travaux : « Thomas Bricheux, architecte du Patrimoine, spécialisé dans les abbayes, églises, chapelles et monuments historiques, a remis très rapidement à la demande de la mairie un chiffrage des travaux d’urgence et a présenté les entreprises qualifiées pour les réalisés sur de tels édifices. C’est ainsi qu’une première phase de mise en sécurité de l’église vient d’être effectuée en 1 mois. Elle s’est terminée ce vendredi 7 août. Ces travaux ont concerné le dépôt des ardoises du clocher, qui se délitaient, le curage des gouttières, la reprise des solins les plus dégradés, le décapage des enduits en ciment étanche, intérieurs et extérieurs, qui créaient des remontées capillaires et du salpêtre, la mise en place d’un filet de protection de la façade au dessus du parvis de l’église, et l’ouverture d’une issue de secours par le clocher. »

Ayant de ce fait plus de visibilité sur l’état de l’église et du clocher, l’architecte, avec un ingénieur structure et un économiste, s’est engagé à fournir un chiffrage de la restauration globale de l’église pour le mois d’octobre 2026. Christine Frasson-Botton : « L’association compte sur le même enthousiasme de la part de nos élus pour programmer les phases suivantes de cette restauration dès le printemps prochain. »
Aussitôt installée la nouvelle équipe municipale a déposé en « un temps record un dossier des plus complexes » auprès du département de la Savoie qui peut subventionner 80 % du montant des honoraires de l’architecte du Patrimoine afin de s’assurer que les travaux soient réalisés dans les règles de l’art et menés à leur terme. D’autres demandes de subventions ont été déposées pour les travaux engagés, et d’autres vont certainement l’être pour ceux à venir.
Pour le mécénat, dès 2022, la présidente s’est rapprochée de la fondation du patrimoine et de la plate-forme animée par Stéphane Bern. La recherche de mécènes privés par la fondation du patrimoine nécessite l’établissement d’une convention avec la commune. Chrsitine Frasson-Botton a indiqué sur ce point qu’elle espérait « que les élus pourront se pencher sur les opportunités qu’offrent de tels partenariats, en lien avec Anne-Marie Clappier, déléguée départementale de la fondation du patrimoine pour la Savoie ».
Sur ce point du mécénat, l’opération « ardoises du clocher » continue. Ce mécénat participatif aurait permis de collecter 332 contributions d’initiales à ce jour. Elle s’arrêtera au début des travaux de couverture du clocher.
Parallèlement au suivi de ces dossiers, l’activité de l’association se développe. « En renouvelant son adhésion ou en adhérant, on est toujours acteur de la restauration de l’église, a précisé Christine Frasson-Botton. Par son don, on contribue à sauver notre patrimoine, celui de nos enfants et petits enfants. » (*)
Dans son discours, Stephan Pezzani, maire de Saint-Colomban-des-Villards, a remercié les personnes présentes pour leur soutien à « notre église, votre église », l’association Notre Clocher et sa présidente, les élus. Il a rappelé que la commune avait accéléré les travaux, notamment une sortie de secours qui devenait une nécessité absolue. Initialement, l’architecte avait proposé cette sortie de secours sur la route départementale, avec « une verrue métallique » défaillante au niveau esthétique, puis une sortie côté amont, qui aurait nécessité la réalisation d’un « blockhaus » en béton au vu des risques d’avalanche. Finalement, la proposition communale d’une sortie de secours au bas du clocher, sur le parking de la cure, a été retenue. « C’était la solution la plus judicieuse et la moins chère ». Sans cette sortie de secours, l’église n’aurait pu recevoir qu’une douzaine de personne et en gardant les portes ouvertes en permanence durant les évènements. Avec la sortie de secours actuelle, c’est à plus de 300 personnes que se situe la jauge. Concernant le clocher, Stéphan Pezzani a indiqué que sur les 5 000 ardoises qui le recouvraient, moins de 100 étaient encore en état ce qui posait des problèmes de perméabilité et d’endommagement de la charpente, mais aussi et surtout de sécurité. Il a précisé que « les travaux de restauration pourraient durer 3 ou 4 ans, mais pendant ce temps, la couverture actuelle et temporaire permettra une solution d’imperméabilisation satisfaisante ». Les ardoises françaises étant désormais réservées aux bâtiments nationaux, la solution étudiée par l’architecte est de se tourner vers des fournisseurs espagnols. Le maire a conclu son intervention en soulignant « que la municipalité, à peine élue, s’est penchée sur ce dossier de l’église, notamment au niveau de la recherche des subventions, pour des travaux qui dureront des années, mais dont les urgences ont d’ores et déjà été réalisées ».
Sophie Verney, conseillère départementale, « toujours aussi heureuse d’être présente dans la vallée des Villards », a réaffirmé « son attachement et son engagement envers Notre Clocher ». « Nos églises villarinches sont un patrimoine que nous avons hérité et que nous devons transmettre en bon état ce qui nécessite de l’entretien et des travaux. » Puis, citant Prévert (« Dans une église, il y a toujours quelque chose qui cloche »), elle a rappelé que par son « intermédiaire, le département de la Savoie reste aux côtés de l’association, mais aussi des communes, pour ce patrimoine cultuel mais aussi culturel et touristique au vu des nombreuses visites de l’église lors des sessions d’ouverture au public ». Pour conclure : « Je serais toujours à l’écoute et aux côtés des Villarins, pour toute action ou tout sujet envisagés. »
Anne-Marie Clappier, déléguée départementale de la fondation du patrimoine pour la Savoie, a rappelé que le clocher d’une église « faisait partie de notre patrimoine donc de notre histoire et de notre identité et qu’il était un fragment de ce que nous sommes ». Pour la rénovation de tels bâtiments patrimoniaux, elle a indiqué que la fondation du patrimoine, créée il y a 30 ans, était le partenaire principal des associations et des communes, mais aussi des particuliers, par la collecte de dons et leurs redistributions. « En 30 ans, plus de 46 000 projets ont été soutenus, mais actuellement en France, ce sont plus de 67 000 bâtiments patrimoniaux qui sont dans un état critique… » Elle a remercié tous les acteurs qui œuvrent « dans ce magnifique projet de restauration ».

Avant de convier les participants à une visite de l’église, des travaux réalisés et de sa sortie de secours nouvellement ouverte, Christine Frasson-Botton a lancé un appel à bénévoles pour nettoyer l’église (**). Cette rencontre s’est terminée par un vin d’honneur pris dans une ambiance musicale assurée par Gérard Mugnier et son orgue de Barbarie.
Christophe Mayoux
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(*) Pour adhérer consulter le site : notreclocher.com↩︎
(**) Ces bénévoles se sont retrouvés le 10 août à 10 heures pour un grand nettoyage de l’intérieur de l’église. Pendant toute la durée des travaux, Pascal Bozon, 1er adjoint au maire chargé des travaux, et les employés communaux avaient assuré la protection des autels, des bancs et du mobilier à l’aide de bâches.↩︎
■ Les photographies qui illustrent cet article sont de Patrice Gérard.
